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Balade à moto le long de la rivière Li jusqu’à Xingping

Guangxi

Yang shuo

En route vers le joyaux du Guangxi : Yangshuo renferme des paysages féeriques cachés derrière une brume infinie. 

ARTICLE

Sommaire

Yangshuo, un conte esthétique

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Programme du jour : louer des motos et faire une balade le long des rivières Li et Yu Long. 100 yuans et un casque en polystyrène plus tard, roulez jeunesse ! Que d’excitation lorsque j’enfourche mon véhicule, ce matin-là. À mon grand soulagement, le trafic est encore calme, le vent frais ; Yangshuo se réveille doucement.

Nous roulons vers les pics karstiques propres à la région. Quel ravissement que de voir l’aube prendre ses aises, et donner à l’horizon de belles touches rosées. J’ai l’infime conviction de ne pouvoir être plus heureuse qu’en cet instant. Et je me le répète tout au long du trajet pour bien m’imprégner de ce souvenir. Celui d’avoir touché à un idéal, et surtout, d’en avoir pleinement conscience.

À voir

Moon Hill

Moon Hill

Randonnée matinale

Nous atteignons Moon Hill où trois-quart d’heure de randonnée nous attendent pour un réveil en forme. L’ascension est facile jusqu’aux dernières marches. Mais n’est pas Indiana Jaune qui veut ! Nous sortons donc des sentiers battus et nous nous enfonçons dans une jungle. Prévoyez de bonnes chaussures, le chemin devient piégeur, très pentu et semé d’obstacles qui tenteront de vous faire perdre une dent, un œil, voire la vie, mais promis, ça vaut le détour ! Des grands-mères Feuillage tenteront de vous vendre des cartes postales et des boissons tièdes. L’une d’entre-elle a dû flairer ma cuite d’hier puisqu’elle a tenu à grimper jusqu’au sommet du Mordor pour nous proposer des bières. Le harcèlement de rue, ce fléau.

Moon Hill

Belle insouciance

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Nous n’avons tracé aucun itinéraire, nous savons seulement que Shangri-La serait notre point d’arrivé. Il ne s’agit pas de la ville du Yunnan, mais d’un homonyme siégeant dans la région du Guangxi.  Peu importe, nous nous y rendons, prêts à faire le plein de beaux souvenirs.

Nous empruntons quelques chemins de traverse ; dix minutes plus tard, la foule n’est plus et la ville se change en un paysage exotique très minimaliste. Alors, la Chine nous montre ses plus beaux atours. Le goudron laisse place à l’ocre du sable. Les couleurs, les formes, le rythme, la jungle aux verts éteints… L’attachement est immédiat.

Je suis heureuse et tout ces petits rien me le rappellent sans cesse. Peut-être est-ce l’herbe sèche qui fouette mes mollets à notre passage, le paysan qui nous salue au loin, les enfants qui nous affublent d’un large sourire, la route sinueuse qui se laisse pourtant dompter par nos deux roues, le vent dans mes cheveux, le soleil qui chauffe ma peau, ou cette nature brute qui fait monter les larmes aux yeux ? 

Yangshuo
Yangshuo

Le soleil de plomb nous incite à nous abriter sous un pomélo. Nous en profitons pour manger quelques fruits, épluchés avec les moyens du bord : un trousseau de clés.

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Nous tombons sur une fermette située bien loin des spots touristiques, nous permettant ainsi d’établir une relation privilégiée avec ses habitants. Des moments précieux.
 
Les résidents nous contemplent avec curiosité, probablement peu accoutumés à recevoir des étrangers. Pour le wok du jour, on choisit les ingrédients à disposition que l’on jette sur le feu. Le déjeuner est servi dans quelques tables, disposées ici et là. Des poules se promènent sous nos pieds, tandis que nos voisins jouent aux cartes. C’est simple et local, de la bonne cuisine familiale !
 
 
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J’aimerai établir ma vie dans un tel endroit. Un petit appartement cosu, quelques habitudes pour manger dans le quartier, me laisser roussir sous une chaleur de plomb…

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Coup de coeur

Shangri-La

Désolation harmonieuse et chemins odieux au travers des pentes ; la présence de l’homme est à présent bien loin de notre regard.

Une fois repus, nous poursuivons notre virée vers Shangri-La, qui s’avérera être un nid d’attrape-touristes. En nous baladant dans les cultures de riz, nous apercevons un temple et entrons – gratuitement – par la porte arrière. Il faut avouer que le village n’en reste pas moins très charmant. Disons que le cadre y est pour beaucoup. Tantôt cachés par la brume, les pains de sucre s’apparentent à des esquisses peintes à même l’horizon, c’est irréel.

Shangri-la
Shangri-la
Shangri-la
Shangri-la
Shangri-la

Coup de coeur

Xingping

Une bouffée d’oxygène dans une Chine en pleine effervescence

Je n’avais pas le coeur à quitter Yangshuo de sitôt. Aussi, la veille, j’annulais mon retour à Guilin (d’où partais mon train pour Hong Kong). Après réflexion, je préférais m’attarder un peu plus dans le Guangxi quitte à louper mon vol de retour. Balek ! Marta décide de se joindre à moi, pour une ultime balade à moto entre gonz !

Nous nous mettons en selle, direction Xingping, à trente kilomètres de là. Le village promet tous les charmes qui ont rendu Yangshuo célèbre il y a quelques années, mais avec moins d’hôtels et de boîtes de nuit. Nous sommes donc allées trouver un coin agréable pour apprécier cette belle atmosphère.

Il y a ici une esthétique et une atmosphère que je n’ai ressenti qu’à cet endroit. Un mélange très particulier de lumières, de sable et de végétaux mystérieux digne d’un Jurassic Park.

Nous abandonnons nos casques en papier mâché, qui ne nous protègent en rien si ce n’est du soleil et ont la fâcheuse tendance à s’envoler, puis à s’enrouler autour du cou, une fois sur la route. Un vrai cauchemar.

Une heure nous sépare de Xingping. Nous déjeunons en ville, un boui-boui qui propose mon petit-déjeuner favoris : des sticky rice dumplings. Après quoi, direction le Twenty Yuans Banknote. Le célèbre point de vue à l’image du billet est un bien bel endroit pour lézarder au milieu des palmiers. Très chanceuses, nous ne croisons pas un seul radeau à moteur. La chaleur nous convainc de barboter dans l’eau, quitte à avoir un troisième bras pousser. Plus tard, nous partons en quête d’un bamboo raft pour voguer sur la rivière Li.

Xingping

Nous achevons notre journée en visitant ledit village, pile durant la golden hour, paradis du photographe. Promenade dans ses jolies rues pavées, ses boutiques artisanales, et tandis qu’un peintre fige ce tableau idyllique, j’essaie de lui rendre justice à mon tour. C’est une lumière qui marque profondément les yeux et l’esprit. Un bond dans le temps, une atmosphère douce de village endormi digne des ambiances que l’on aime retrouver chez un certain Miyazaki.

Xingping
Xingping
Xingping
Xingping
Xingping

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