Exploration urbaine à Hong Kong et Launtau Island

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Hong Kong

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Hong Kong marque la fin de mon périple en Chine. La métropole détonne avec tout ce que j’ai pu connaitre auparavant.

ARTICLE

Sommaire

Imprévu

They see me rollin’ They hatin’

Marta et moi, nous apprenons avec surprise que l’arrêt de bus menant à Guilin se trouve à Perpète-les-Oies. Problème : aucun taxi ne sillonne cette campagne. Aussi, nous décidons de faire du stop, sans succès. Dans un élan désespéré, nous interpellons un maraîcher qui accepte de nous embarquer dans sa remorque à légumes pour 40 yuans. Le moyen de locomotion le plus BADASS qu’il soit ! De plus, notre chauffeur improvisé a été d’une gentillesse infinie contrairement au taxi que l’on prendra par la suite. 

Ce dernier est d’une lenteur phénoménale et sur l’échelle de la sympathie, on se situe à Morandini. Nous nous attendions à mieux de la part d’un service officiel. Marta est plus stressée que moi à l’idée que je loupe mon train. J’embrasse mon amie une dernière fois ; c’est juré, bientôt, nous trinquerons ensemble dans un autre coin du globe 💖 Une fois à bord, je me laisse porter jusqu’à Shenzhen, où un métro me dépose jusqu’à mon ultime destination : Hong Kong.

coup de coeur

Hong Kong

Hong Kong, ancienne colonie de la Couronne jusqu’en 1997, était un village de pêcheurs devenu puissant port de commerce. Les presque 7 millions de hongkongais ne se considèrent pas vraiment Chinois et il existe des tensions entre les deux communautés. Hong Kong possède son propre gouvernement, sa propre monnaie, son propre système politique, ses propres lois et une mentalité bien différente de leurs voisins.

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Mon périple se termine donc au Port parfuméLe choc est énorme, terrible. La veille, je me prenais pour une zadiste arborant fièrement sa couronne de fleurs, perdue au milieu des rizières. Aujourd’hui, j’étais dans cet immense champs de béton. Je me sentais happée par ces innombrables tours de verre et d’acier, tantôt prétentieuses, tantôt en décrépitude.

Je m’aventure dans cette nouvelle ville, grouillante de monde et d’activités invisibles parquées dans ses hauteurs, à la recherche de mon auberge. Marta m’avait pourtant averti : « Tu vas te perdre ».

Les buildings ombragent le ciel, les voitures klaxonnent à vous en faire saigner les tympans et tout le monde semble pressé. J’ai la sensation d’étouffer, ou peut-être est-ce dû à l’atmosphère pesante. Je n’ai qu’une hâte : fuir la moiteur oppressante de la ville.

Je pars à la recherche de mon auberge, sans 4G. Passé la frontière, votre forfait chinois devient obsolète à l’instar de votre pouvoir d’achat. Sachant que les auberges se situent dans des grattes-ciel – des colosses entre le réel et la fiction – il faudra trouver la bonne enseigne parmi la palanquée de panneaux clignotants. 

Se déplacer à Hong Kong

Les transports Hongkongais sont d’une efficacité redoutable ! Depuis l’aéroport, il existe d’innombrables moyens pour rejoindre la ville. Tous sont clairement indiqués sur des panneaux et des employés de service sont disposés à vous renseigner car ils SPEAK ENFIN ENGLISH !

Depuis l’aéroport, voici trois manières de rejoindre le centre-ville :

  • Airport Express : idéal lorsque l’on loge sur l’île de Hong Kong, que l’on atteint en moins de trente minutes de trajet pour 100 HK$.
  • Airbus : il s’agit de bus à impériale, moins chers que l’Airport Express. Pour 33 HK$ et une heure de trajet dans la ligne A21, on arrive au cœur de Kowloon.
  • En taxi : il faut compter entre 250 et 300 HK$ pour rejoindre le cœur de Kowloon ou Central.

Si comme moi, vous arrivez en train. C’est d’autant plus simple car il suffira de prendre le métro. Si vous êtes parvenu à dompter son confrère chinois, ce sera du pipi de chat ! Mais d’abord, rendez -vous à une borne pour acheter l’Octopus Card qui fera de vous un véritable Hongkongais.

Si vous séjournez à Hong Kong, il faudra absolument investir dans une carte Octopus. Semblable à la MetroCard de New York ou à la Oyster de Londres, il s’agit d’une carte à puce rechargeable, que l’on peut utiliser pour le bus, le métro, le ferry, le supermarché, les fast food… et qui parfois, permet de pointer au travail ou à l’école. Il en existe différents types  :

Octopus Card

La Sold Octopus est une carte qui vous est vendue. Elle ne nécessite aucun dépôt obligatoire et coûte 39 HK$. Le top pour les visiteurs ! Vous la chargez comme bon vous semble et pourrez vous faire rembourser le solde restant en partant (qui n’inclut pas le prix d’achat). Il existe également des cartes Sold en édition limitée, avec des designs originaux, ce qui peut constituer un souvenir sympa et être réutilisé lors de votre prochaine visite 😉

La On-Loan Octopus est loué. Vous payerez un dépôt obligatoire (et remboursable) de 50 HK$ qui couvre le prix d’achat de la carte et un éventuel solde négatif (pratique pour les têtes en l’air comme moi) + un premier chargement de 100 HK$ minimum.

Celle-ci se décline en une version « Standard » anonyme et une version « Personalised » qui permet d’avoir son nom et sa photo sur sa carte et ainsi de bénéficier d’un report de valeur en cas de perte.
J’ai opté pour la « Standard » car elle est délivrée immédiatement. La version personnalisée nécessite de compléter et de déposer ce formulaire en amont.

À VOIR

Causeway Bay

Bien que ces dernières semaines ont affinées mon sens de l’orientation, je trouve mon hôtel avec peine, l’insigne étant perdue parmi tant d’autres.

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Mon dortoir se compose d’une douzaine de lits, je me réfugie aussitôt dans le mien, tire le rideau, me mets en position fœtale et expire. Je déteste Hong Kong. Pire encore, je m’en veux de pas être sensible aux éloges que l’on m’en a fait. Passer de la nature brute au béton armé, quel contraste ! Et comble de malchance, je suis à Causeway Bay alias le QG des boutiques de luxe. Fichtre.

Yessin @Causeway Bay

2/F, Nan Yip Building, 472, Hennessy Road, (Entrée via Tang Lung Street), Causeway Bay

Ma note :
2/5

Dans l’absolu, je n’ai rien à reprocher à cette auberge si ce n’est que je ne me sentais pas à mon aise. Ah, et le wifi est pourri. Bref. Les chakras ont parlé et leur sentence est irrévocable ! Je me mets aussitôt en quête d’un autre logement pour le lendemain.

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Je n’ose plus sortir de ma couette, mais la « faim » justifie les moyens. Il y a un restaurant non loin où je dévore mon poids en shui kao mein. En rentrant, je fais connaissance avec un américain ascendant forceur, et accessoirement mon voisin de lit superposé qui sent des pieds. 

Nous partageons une binouze et il me propose une soirée jacuzzi à l’hippodrome dont ses potes du Tiers-Etat pourraient me faire entrer. Tout bien réfléchi, je préfère affronter Hong Kong et prends aussitôt la fuite en balançant des fumigènes.

Hong Kong

Exploration urbaine

Il est tard, mais j’arpente les rues encore bondées. Cette course au gigantisme et à la démesure me fascine autant qu’elle m’intimide. Ces verticalités monumentales baignées de lumière artificiels interpellent forcément le regard du voyageur. Des blocs délabrés esthétisants et très photogéniques qui nous font tordre le cou jusqu’à leur cime.

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Il faut jouer avec le tempo rapide mais régulier de la foule, des néons, des bus à impériale, des taxis… se laisser guider par la géométrie des édifices, dompter cette architecture impétueuse qui peine à rentrer dans le cadre de mon 35 mm.

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Blade Runner

Hong Kong a des allures de Blade Runner, avec ses enseignes lumineuses sur plusieurs niveaux qui envahissent les rues. Ces mastodontes d’acier sont pourvus d’un système de passages atypiques pour se déplacer d’un point à un autre de l’île. Appelés « flyover », ces pontons suspendus entre deux buildings offrent une vue aérienne sur les avenues. Certains traversent grattes-ciel et galeries commerciales. Toutefois, investir les hauteurs n’a toujours pas résolu le problème du manque d’espace de la ville.

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À VOIR

Tsim Sha Tsui

À Hong Kong, les prix sont aussi vertigineux que les buildings ! Et parmi les dépenses les plus importantes, il y a l’hébergement. J’ai jeté mon dévolu sur Tsim Sha Tsui pour la simple et bonne raison que les tarifs de l’auberge ne m’obligent pas à vendre mon sang ou mon plasma sur le Dark Web.

Et plus que tout, Nathan Road porte une valeur sentimentale à mes yeux. Ma grand-mère Feuillage y habitait autrefois et je tenais à vivre au coeur de ce quartier qui l’a vu grandir. Tsim Sha Tsui dans les années 50, bien avant son boom économique qui l’a métamorphosé en un champ de grattes-ciel, avait capturé son palpitant à jamais.

Hop Inn on Mody

5/F Lyton Building, 36 Mody Road, Tsim Sha Tsui

Ma note :
5/5

J’arrive à Hop Inn on Mody et perçois ENFIN de bonnes vibes. Mon dortoir se constitue d’une dizaine de lits, rien d’étonnant à HK où de nombreux habitants sont parqués dans des appartements capsule. Ma chambre est spacieuse et l’endroit plus conviviale que son prédécesseur.

coup de coeur

Launtau Island

Assez perdu de temps ! Je me rue vers Launtau Island afin de visiter le célèbre Tian Tan Buddha et le village de Tai O, situé à l’ouest de l’île.

Je me lève au petit matin, réveillée par mes coloc qui participent à un concert de tractopelle en ré mineur et me mets en route vers ce fameux village de pêcheur dont Marta m’avait parlé.

Se rendre à Ngong Ping

Depuis Hong Kong Island ou Kowloon, prenez la ligne de MTR Tung Chung Line en direction de Tung Chung et arrêtez vous au terminus de la ligne.

Prix : 25 HKD (3 €) / Temps : 35 min depuis Hong Kong Island


Marchez jusqu’à la station de bus de Tung Chung qui est à 5 minutes de la station de MTR. Suivez les indications pour trouver les bus, ça devrait pas être compliqué de trouver. Prenez ensuite le bus numéro 23 en direction de Ngong Ping et arrêtez vous au terminus.

Prix : environ 20 HKD (2 €) / Temps : 25 min

Il est aussi possible de se rendre à Lantau Island en prenant un ferry depuis la station Central Pier de Hong Kong Island. Dirigez vous vers le pier numéro 6 et prenez le ferry en direction de Mui Wo.

Prix : entre 30 et 43 HKD avec le Fast Ferry (entre 3,5 et 5 €) ou entre 15 et 22 HKD (entre 2 et 3 €)

Temps : 35min (Fast Ferry) ou 55 min

Depuis Mui Wo, prenez le bus numéro 2 en direction de Ngong Ping et arrêtez vous au terminus.

Prix : environ 20 HKD (2 €) / Temps : 40 min

Le cable car est une attraction à lui tout seul. En revanche, l’attente peut être interminable, surtout le weekend. Je vous conseille de prendre vos billets sur le net en avance. Vous avez le choix entre la cabine normale ou la cabine crystal qui est tout en verre et vous donnera le vertige 🙂

Comme pour la première option, prenez le métro jusqu’à la station Tung Chung. Le trajet dure 35 min depuis Hong Kong Island et coûte 35 HKD (4 €).

Ensuite avancez vers le terminal de cable car qui est à 5 min de la station de MTR de Tung Chung, pas loin de la station de bus. Le trip en Cable Car dure environ 30 minutes et vous profiterez d’une vue magnifique sur toute la baie !

Profiter d’une vue imprenable sur la baie en cable car… Tel était mon objectif ce matin-là. Seul bémol : la météo en avait décidé autrement, pile le jour où je prévoyais une activité en plein-air. Et je ne parle pas d’une bruine écossaise trop kiki, Billy Bob…

Plus je m’approche du site, et plus mes prières au Dieu Râ se font pressantes. Ce dernier avait probablement posé un RTT puisque l’averse n’en fût que plus violente. À présent, elle inondait la chaussée et noyait mes godillots. De plus, j’avais eu la géniale idée d’abandonner mon parapluie et de déambuler en poum poum short, un peu plus tôt.

Une fois sur place, c’est le déluge. Au loin, j’aperçois Noé et son arche, engloutis par les vagues. Les touristes se réfugient dans une boutique de souvenirs où chacun s’arme d’une burqa-poncho imperméable qui fait office de contraceptif naturel. « Pas l’choix faut y aller », disait Faf Larage, mais plutôt crever que d’enfiler cette capote. Je pleure donc en silence quand le vendeur m’annonce le prix d’un parapluie. Pas folle la guêpe.

à voir

Tian Tan Buddha

Avant d’instagrammer cette statue, il faudra gravir 268 marches (hashtag #nopainogain). J’avance dans une brume épaisse. Si dense qu’une fois arrivée devant ledit bouddha géant… eh bien, yé vois rien ! Autour, les six devas (divinités) font une offrande à Tian Tan. Je les imite en faisant don de mon dernier souffle d’asthmatique.

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À défaut d’avoir une photo de Tian Tan, voici une rampe d’escalier de qualité.

Ngong Ping Village

Ngong Ping village c’est nul. Besos, c’est tout pour moi ! Cette supercherie dont la traversée était plus éprouvante que Westeros est comme votre ex ; elle ne mérite pas votre temps ! Il n’y a que des boutiques de souvenirs en toc et des fastfood.

Ma seule consolation a été un egg bubble waffle, une création divine sous forme de gaufres tantôt sucrées, tantôt salées, et parfois farcies à la viande qui ont tant de succès dans le pays. C’est si simple de me contenter 😃

Coup de coeur

Tai O, le village de pêcheurs

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À même le port, il s’en dégage une atmosphère particulière qui invite à la rêverie. Le ciel est lourd, l’odeur de poisson fraîchement pêché emplit les narines, les petits chalutiers s’entrechoquent au grès des flots dans un silence assourdissant. Tai O, c’est la quintessence de Launtau Island et vous auriez tort de passer à côté. Enfin, je bénie les gros cumulus qui enjolivent ce paysage fantôme. Il y règne une ambiance post-apocalyptique des plus intrigantes. Les maisons sur pilotis, aux façades métalliques, rendent la scène encore plus chaotique sous cet épais brouillard qui n’a pas quitté l’île depuis mon arrivée.

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Je parcours le village des Tankas – les aborigènes de l’île – avec une fascination immense. La plupart des habitations sont abandonnées, mais quelques portes sont ouvertes (certainement à cause de la chaleur suffocante de l’île). Je me surprends à regarder la vie qui s’y déroule. L’homme qui déguste ses nouilles devant un soap chinois, à la femme qui étend son linge. Des scènes dont l’intimité de la vie quotidienne me touchent par leur banalité.

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Et au milieu de tout ça, se trouve un adorable concept store : Oh goods, dont les articles sont fait-main, certains à partir de produits recyclés : chutes de cuir, tissus, capsules de canettes…

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