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Yangon : Pagode Shwedagon et marchés locaux

Sommaire

Yangon, Myanmar

Je pose un pied sur le passage piéton, hésitante. Je savais d’ores et déjà que j’allais checker Madame La Faucheuse un nombre incalculable de fois durant ma traversée, en évitant les vieilles Coccinelle fusant de toutes parts. En toute honnêteté, ça me faisait vibrer. Depuis mon arrivée, j’avais les mêmes capacités intellectuelles qu’un môme de cinq ans : je ne savais plus franchir une chaussée sans me faire renverser, je ne déchiffrais aucun panneau et je n’arrivais plus à communiquer avec mes semblables. Tous mes voyages démarraient ainsi… je me retrouvais démunie, totalement dépossédée de mes habitudes et j’adorais ça.

Yangon-Myanmar

Pire encore, je dois affronter des mabulitos de force 5 qui ont appris à conduire sur GTA. Je jette un regard désespéré autour de moi : évidemment, aucun riverain n’emprunte le même chemin. « Pas l’choix faut y aller », les sages paroles de Faf La Rage accompagnent donc mon trépas (et j’me dis que c’est naze de chez hyper triste comme dernières pensées).

« Pas envie de mourir, j’en suis qu’à la saison 2 de Westworld ! » est un argument suffisant pour s’accrocher à la vie. Après avoir atteint ma cible, le trottoir, je tape un moonwalk vers les marchés locaux. Impossible d’arborer une démarche plus digne avec mon longyi.

La 26e rue

Ainsi, voilà. J’avais choisi de passer ma matinée dans un marché alimentaire. J’aime le fun.

26ème rue, Yangon, Myanmar

Si je voyage seule ce n’est pas tant pour entretenir le mythe de la louve solitaire, mais parce que personne, je répète : PER-SONNE n’a envie de patauger dans des épluchures et des flaques de pisse des heures durant en ma joyeuse compagnie. Pour moi, la 26ème rue fut une belle trouvaille ! À l’image de Yangon, c’est un capharnaüm photogénique et fichtrement attachant.

Il n’y a rien à faire, si ce n’est s’extasier devant les vieilles façades coloniales et capturer les scènes de vie qui se succèdent. Ça se bouscule, ça déborde de partout, et les camions roulent au-dessus des aliments qui jonchent le sol, dans le plus grand des calmes. 

Marché de Bogyoke

D’autres marchés populaires méritent un arrêt. Ils sont le vrai visage de la Birmanie, et j’ai adoré les explorer !

Marché de Bogyoke

Plus connu sous son appellation Britannique, le Scott Market offre deux mille boutiques orientées autour de l’artisanat Birman. Produits textiles, en nacre, en laque ou en bois font légion dans ce lieu qu’affectionnent les touristes. Les boutiques sont tenues pour la majorité par des propriétaires chinois, armez-vous de vos talents de négociation si vous comptez repartir avec des souvenirs authentiques à prix raisonnables.

Danyingone

La gare de Danyingone abrite un marché, parmi les plus imposants, en périphérie de la ville. Un lieu populaire qui démarre au beau milieu des voies ferrées  Le paysage se transforme en quelques secondes lorsque le train apparaît. Après son passage, les vendeuses réinvestissent les rails avec leur marchandises, comme si de rien était.

San Pya

Ici, les poissons fraîchement pêchés arrivent par bateaux depuis la rivière Yangon. Ils sont déchargés sur le port avant d’être conditionnés dans des caisses remplies de glace qui rejoindront bientôt les marchés. Attention aux narines sensibles !

Où manger à Yangon ?

Chinatown

Chinatown

J’ai très bien mangé au Myanmar, et ce, malgré la mauvaise publicité de sa cuisine. Je m’attendais à vivre une diète sévère comme au Kirghizistan Ici, il n’en fut rien. Je vous parlerai prochainement de ses plats qu’il faut absolument tester durant votre séjour au Myanmar !

Ma note :
5/5
Chinatown

Chinatown a.k.a Place des Délices a tant ravi mes papilles qu’elle est devenue mon QG des derniers jours. Il vaut mieux s’y rendre de bonne heure (18-19h) car les places sont prises d’assaut et les restaurants ferment tôt. C’est également ici que les plus aventureux pourront trouver des stands de larves vivantes et autres congénères à mandibules. Pour ma part, j’ai « perdu mes gonades » en chemin et me suis contentée de remplir mon panier de délicieuses brochettes.

Larves
Chinatown

Pagode Shwedagon

« L’âme de Yangon » se situe en plein cœur de la métropole birmane, cet immense dôme bling bling constitue l’une des plus belles pagodes de Birmanie.

Pagode Shwedagon

Légende

La légende remonte à plus de 500 ans avant J-C, lorsque deux marchands offrirent à Bouddha des gâteaux de miel après 49 journées de méditation sous le banian. En remerciement, celui-ci leur fit don de 8 cheveux. Les marchands qui s’attendaient sans doute à une Switch™, ne surent qu’en faire et les remirent à leur roi qui fit aussitôt lever un stupa pour les conserver.

C’est la présence présumée des 8 poils de Bouddha qui rend cette pagode importante aux yeux des Birmans. Elle constitue le sanctuaire religieux le plus sacré du pays, un endroit qu’ils espèrent tous visiter au moins une fois dans leur vie. Sans être bouddhiste, il est facile d’être fasciné par cette pagode qui brille de mille feux sous la lumière éclatante du jour, et dont la stupa d’or se met à scintiller dans le ciel noir de Yangon. 

Pagode Shwedagon

All gold everything

Autour du stupa central, recouvert de quelque 6 tonnes d’or, auxquelles s’ajoutent les millions de feuilles d’or apposées avec ferveur, on retrouve des dizaines de pavillons, de niches et de statues tout aussi étincelants. L’obsession des Birmans pour l’or remonte à l’antiquité pour rendre hommage à Bouddha.

Pagode Shwedagon

Indiana Jaune : à la recherche des tongs perdues

Dans le système bouddhique, le port des chaussures est considéré comme particulièrement monstrueux. Nombreux souliers ont été séparé de leur propriétaire. A Shwedagon, les inspecteurs qui enquêtent sur ces disparitions sont membres d’une unité d’élite appelée Chauffeur de taxi ; ils viennent en aide aux victimes. Voici leurs histoires… TOU-DOUM.

Pour accéder à la pagode, vous devez emprunter une des entrées placées depuis les quatre points cardinaux ou prendre un ascenseur qui permet d’accéder directement à la plate-forme centrale. Et j’aurais terriblement aimé détenir cette information avant de m’élancer vers l’inconnu ! Dans la précipitation, j’abandonne mes chaussures à l’entrée, sans prêter attention aux environs.

Pagode Shwedagon

« Quatre… entrées ? » répétai-je en clignant des yeux. Mon cerveau semble laguer comme Internet Explorer. Hélas, je n’avais saisi aucun foutre mot que m’adressait mon chauffeur Grab (l’équivalent de Uber en Asie). Je m’étais contentée de sourire bêtement à son interrogatoire alors qu’il s’engouffrait dans le trafic monstrueux de Yangon.

17h00. Le soleil plongeait déjà vers l’horizon ; j’allais louper le clou du spectacle et mon taxi s’évertuait à faire le tour du pâté de stupa pour une raison inconnue. Tout s’éclairait désormais. « En retard pour le coucher de soleil », je l’avais prié de me larguer devant la pagode, avant de foncer tête baissée vers l’entrée destinée… aux locaux !

Me voilà à bégayer face à la sécurité qui 1) m’apprend l’existence des différents accès du temple, 2) me sermonne pour ma tenue de succube – un pantalon qu’ils jugent trop près du corps. Lorsqu’ils comprennent que je ne suis qu’une touriste en perdition, ces derniers réclament mon billet d’entrée. Prise pour une birmane, je n’avais rien eu à payer... Paniquée, j’appliquais donc cette fameuse technique de fraudeur de la RATP qui consiste à retourner ses poches en répétant « Ralala, mais où peut-il bien être ? » (cf, mon ticket d’entrée).

Pagode Shwedagon

La mascarade prit fin lorsqu’il fallu m’expliquer dans la langue coloniale. « Pitié, je veux juste retrouver mes tongs !« . Mais ils n’en eurent rien à fiche que je sois en cosplay Yannick Noah ! Au contraire, ils m’invitaient à rejoindre les autres entrées en faisant le tour de la pagode. Deux kilomètres séparent la prochaine et je ne suis pas d’humeur à traverser l’équivalent de l’A15 — littéralement — à pieds.

Une seule chaussure vous manque et tout est dépeuplé

Pagode Shwedagon

Au sortir de la pagode, les boutiques de souvenirs pullulent… mais pas l’ombre d’une caverne d’Ali Babouche… POURQUOI ? il y a bien des vendeurs de robot-caniche, pourtant !

C’est alors qu’un preux chevalier répond à ma détresse. Ma cause devient la sienne. Je grimpe sur sa monture : son taxi. Nous tournons autour du fort doré, interrogeant chaque garde posté aux entrées. Malheureusement, aucun n’a croisé des sandales ocres, taille 38.

Enfin, nous arrivons devant LE comptoir. La Gardienne des Godillots me reconnaît. Malgré le fidèle portrait robot de mes souliers, elle les garde en otage. Pire encore, je passe de victime au banc des accusés : « Et qui me dit que ce sont VOS chaussures, d’abord ? » déclare-t-elle en agitant lesdites sandales sous mon nez. Quelle audace… J’espère qu’elle se réincarnera en cafard.

Le jugement dernier de la tong s’éternise ; mon sauveur use de tous les arguments possibles, mais l’ennemi est coriace. Je comprends que ce génie du mal ne répondra qu’à une chose : « 1000-kyats-et-on-n’en-parle-plus ». Vaincue, je sors un billet pour acheter mes PROPRES chaussures, nom d’un fion. Je remercie mon taxi d’avoir mené l’enquête avant de m’escorter chez moi. Moralité : mangez de l’oméga 3, c’est bon pour la mémoire.

Yangon en vidéo

Pour patienter en attendant la suite, voici mes premiers pas à Yangon en vidéo 🙂

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