Yangon : le rabbateur abbatu

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Yangon

Colonisée par les britanniques au XIXème siècle, Yangon était la plaque tournante du commerce avec l’Occident.

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Sommaire

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Le départ

Les derniers jours ont filé à vitesse grand V, rythmés par des beuveries, des raclettes et des aurevoirs aux copains. Je reste forte ; mes réserves lacrymales sont épuisées depuis le visionnage du « Tombeau des Lucioles ». Prête pour cette échappée seule en Asie !

N26

Baptême du feu

Une heure avant le décollage, je bloque ma Sacro Sainte N26, a.k.a mon compagnon de route officiel qui devait m’épargner des commissions égales au PIB du Vatican. Mon paiement est « refusé ». Evidemment, j’insiste à trois reprises, parce que j’aime vivre dans le danger ! Et bim, ‘pu de carte. Ça m’énerve, ça accélère mon poul, j’ai envie d’insulter la génitrice de quelqu’un. Les bureaux ferment dans cinq minutes ; parfait pour frôler l’infarctus tester l’efficacité du service client. Je passe les premières minutes à papoter avec un robot qui me répond à mille kilomètres de la plaque avant qu’un humain daigne me répondre.

J’avais oublié d’activer la carte en effectuant un retrait, heureusement, il est possible de le faire partout dans le monde ! Jay-Z, Marie, Joseph, c’était moins une.

Seul bémol : le soi-disant bouclier contre le capitalisme a échoué.  TOUTES les banques me volaient prenaient une commission de 5 000 à 8 000 Ks par retrait… Après avoir contacté N26, ces derniers m’ont avoué n’avoir aucun pouvoir sur ces fichus larcins. De plus, ma carte a été bloquée en fin de séjour (ou comment j’ai survécu en mangeant mes ongles). Protip : pensez à retirer un maximum de sous, d’autant plus que la majorité des établissement n’acceptent que des espèces.

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Comme d’hab, le long-courrier me vaut une scoliose, trois escarres et des cernes qui se sont accouplés pour enfanter d’autres cernes. À mon arrivée, les taxis flairent la proie fatiguée et s’agglutinent autour de moi ; ils me proposent une course pour la modique somme de bien-trop-cher. Je suis épuisée mais pas assez pour me faire arnaquer. Un trajet de l’aéroport jusqu’au centre-ville ne devrait pas vous coûter plus que 8 000 à 10 000 Ks. Moins qu’un Kebab, pour situer.

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Acheter une carte Sim

Il y a quelques années encore, le Myanmar était contrôlé par une force militaire et l’accès au téléphone était très limité.

Les trois réseaux actuellement en service sont : MPT, Ooredoo et Telenor. La wifi fonctionnant très mal au Myanmar, je me suis empressée d’acheter une carte Sim au sortir de l’avion ;  les boutiques sont situées dans le couloir des arrivées, à l’aéroport international de Yangon. J’ai opté pour Ooredoo, dont la connexion 3G est la plus rapide du pays. Le pack de démarrage coûte 1 500 Ks.

Vous pouvez facilement recharger aux bornes trouvables dans les commerces de proximité, par exemple, ou via l’application du même nom. L’app propose des jeux qui permettent de gagner de la data ou du crédit supplémentaire. Enfin, les données sont facturés plus ou moins chers selon le créneau horaire. Renseignez-vous auprès de votre opérateur.

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Où dormir à Yangon ?

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Backpacker Hostel

Ma note :
3/5

Le Backpacker Hostel se situe dans le quartier indien, à 5 minutes de la pagode Sule. À mon arrivée, on m’offre une boisson fraîche qui est fort appréciée au vu de la moiteur de la nuit. Je rejoins ma chambre privée, très sommaire où je passe une nuit entière à faire des prises de catch aux moustiques malgré les bougies à la citronnelle à disposition. J’ai également testé les dortoirs où je me suis étonnement sentie plus à l’aise. Le rooftop offre une jolie vue sur Yangon, le petit-déj est très bien de chez excellent mais je n’en dirai pas tant du personnel. L’un d’entre eux a tenté de surfacturer ma boisson (jusqu’à ce que je m’aperçoive du prix réel sur le menu), un autre m’a désinformé, si bien que j’ai loupé le SEUL bus journalier qui devait m’emmener à ma prochaine destination. J’y reviendrai plus tard…

Hostel9

Ma note :
4/5

J’ai choisi Hostel9 pour sa situation au coeur de Chinatown, ou l’occasion d’avoir des délices à portée ! J’étais à cinq minutes de la 19ème rue (a.k.a Place des Délices), et son marché de nuit qui a ravi mes papilles tout au long de mon séjour ! Le rooftop est sympa en semaine, totalement désert le weekend. Le quartier est plus calme, et c’est définitivement ce dont j’avais besoin.

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Yangon

Colonisée par les britanniques au XIXème siècle, Yangon était la plaque tournante du commerce avec l’Occident.

Yangon-Backpacker-Hostel

Premiers pas

Passer d’un aéroport à un autre m’aura permis de laisser les 10 petits degrés parisiens aux 35°c typiques d’un mois de janvier au Myanmar. En cette première journée, je déambule timidement dans mes nouveaux quartiers. Le contraste est frappant : Yangon l’endormie s’est métamorphosée en capharnaüm bruyant et coloré. Le charme des vieilles bâtisses coloniales se mêle aux temples bouddhistes et aux architectures plus modernes déjà envahit par la végétation.

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La chaleur est écrasante ; je me traîne paresseusement vers la pagode Shwedagon où je compte me liquéfier sur le carrelage froid. En chemin, un gus m’interpelle. Il sent le rabatteur à plein nez – je ne suis pas née de la dernière précipitation et son sourire de Judas ne trompe personne – mais je me laisse volontiers porter par cette rencontre… pour la simple et bonne raison que je n’ai absolument rien préparé. 

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Traversée en ferry

Le dénommé Malopio m’emmène vers le quai qui assure la liaison avec Dala, un village au sud de Yangon. Je n’ai aucune idée de combien cette excursion va me coûter mais je parie que je m’en sortirai. Mes sens sont déjà aux aguets, je suis d’ores et déjà en train d’oublier mes repères pour me fondre dans mon nouvel environnement.

Malopio me prie de l’attendre plus loin ; il se présente seul au guichet car le prix de la traversée est dix fois plus élevée pour les touristes. À bord de l’embarcadère, c’est un théâtre populaire qui prend vie. Poules, enfants et vendeurs ambulants animent le pont… Un trajet qui vaut déjà le détour !

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Village de Dala

Bouddhas, Dala, Myanmar

Dala offre un aperçu de la vie locale. Ici, les sirènes des vapeurs se sont tues, il n’y a pas de voiture, ni de boutique de souvenir. Ce village traditionnel a ouvert ses portes aux touristes en 2013, m’explique mon guide improvisé alors que nous sillonnons les routes poussiéreuses à moto, soit, quelques années après le passage du typhon Nargis qui a laissé misère et orphelins. Malgré le dénuement et la pauvreté ambiante, ses habitants nous manifestent une gentillesse désarmante. Alors quand Malopio me surfacture les 55 Kg de riz plus chers que le prix affiché, je n’ai même plus le coeur à le réprimander.

Les oubliés de Yangon

J’admets souvent douter des réels bénéficiaires des donations lorsqu’il existe un intermédiaire. Alors, en voyage, j’en profite pour me rendre à la source. Il y a toujours un coup de main ou des fournitures à filer.

Je m’affaire donc à distribuer le riz acheté plus tôt, ainsi que les friandises pour les enfants. Le chef hèle tout le village où chaque famille recevra une portion égale. Vingt paires de yeux me détaillent avec curiosité.

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Temple Baungdawgyoke

Un exercice d’orthophonie efficace

Pagode aux serpents, Yangon

Longyi, kezako ?

Quelques poignées de main et de sourires plus tard, nous reprenons la route vers une fabrique de longyi¹. Un tissu traditionnel que les birmans nouent à leur taille. Il faut compter trois jours à trois semaines de travail selon le modèle. J’en acquiers un pour couvrir mes gambettes, la contrepartie pour pénétrer dans un lieu de culte.

¹ Introduit au XIXème siècle par les immigrés indiens, le longyi est un costume traditionnel (qui ressemble à une longue jupe), que les hommes ou les femmes nouent à la taille. Il est adapté aux grandes chaleurs et son port est obligatoire dans les lieux de culte ; soit, un indispensable dans la vie quotidienne birmane. Les motifs diffèrent selon le genre : les hommes arborent un tissu simple ou uni, tandis que les femmes n’hésitent pas à exhiber des modèles haut en couleurs. La complexité des motifs et la qualité du tissus permettent de deviner la classe sociale et l’origine de son porteur, puisque chaque état birman possède une technique de tissage et des motifs typiques.

La pagode aux serpents

Les Birmans sont majoritairement bouddhistes. La religion et la spiritualité ont été omniprésentes lors de mon voyage. Parmi les pagodes qui m’auront le plus marquées, il y a le temple Baungdawgyoke, une curiosité incontournable… Ses occupants légendaires ne sont autre que de majestueux pythons !

Pagode aux serpents, Yangon

Depuis qu’ils y ont élu domicile, ces reptiles sont choyés par les moines et symbolisent la puissance du lieu de culte. Offrandes et prières rythment leur quotidien. Malopio me confie qu’il n’a pas le droit d’y toucher compte tenu du caractère sacré des serpents, mais aussi (et surtout), parce qu’il flippe sa race.

Pagode aux serpents, Yangon

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L'arroseur arrosé

Et ce qui devait arriver, arriva. Alors que je m’apprête à régler mon chauffeur et la location de la moto, Malopio m’en demande davantage pour payer sa note, comme si je faisais partie de la monarchie. « Tu veux aussi que je rembourse ton prêt immobilier et ton abonnement Netflix ? » dis-je en feignant la surprise.

Nos chauffeurs rouspètent, le ton monte mais le mien, encore plus, ce qui a le mérite de calmer l’assemblée. Les motards embarquent le portable de Malopio en guise de caution ; il dispose d’une paire d’heure pour réunir la somme d’argent. Le roi des roublard est déchu, et moi je rentre aguerrie mais quelque peu désappointée.

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Yangon en vidéo

Pour patienter en attendant la suite, voici mes premiers pas à Yangon en vidéo 🙂

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