Que faire à Marrakech ?

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Maroc

Marrakech

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5 jours folkloriques dans le coeur battant du Maroc, j’ai nommé Marrakech. Palais de la Bahia, Jardin Majorelle ou négociations au souk, le dépaysement est total !

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ARTICLE

Sommaire

  • Itinéraire : 12 jours de road trip au Maroc
  • 5 jours au coeur de la bouillonnante Marrakech : Palais de la Bahia, Jardin Majorelle et marchandage dans le souk, le dépaysement est total !
  • 4 jours à Aït-Ben-Haddou, traditionnel village berbère : mon coup de cœur au Maroc !
  • Les plus belles randonnées du Maroc 
  • Escapade iodée à Essaouira

Une envolée vers la Perle du Sud

J’ai mis du temps à écrire cet article. Effacer, réécrire… Ressasser, encore et encore. Et finalement, pourquoi peser mes mots ? Je ne suis pas une bannière publicitaire destinée à vous vendre du rêve, alors je vais être honnête : j’ai été déçue par cette escapade au Maroc pour de multiples raisons que j’énumérerais au fil de mes récits. Marrakech a été une expérience particulièrement éprouvante.

oranger Marrakech

J’atterri ce matin-là aux côté de mon cher compagnon de route, Nono. Fin prêts à découvrir cette terre nouvelle dont le monde ne tarissait pas d’éloges. En vacances, nous côtoyions rarement le soleil ; amateurs de pays nordiques – qui peinent à atteindre les vingt degrés en plein mois d’août – nous avons mis le cap vers le Maroc. Pour faire le plein de mélanine et de paysages bluffants. La promesse d’un dépaysement à seulement trois heures de Paris !

Mais d'abord...

Il faudra retirer de l’argent à l’aéroport avec sa carte Visa internationale simple. N’oubliez pas de modifier votre plafond avant le départ et évitez les petits retraits car les commissions font vite grimper la note.

Première étape, la voiture. Nous avons souvent entendu parler de la conduite anarchique du pays, mais naïfs que nous sommes, nous sautillons déjà en direction de notre futur carrosse… qui s’apparentait finalement à une citrouille défraîchit. Rien qui puisse nous démoraliser, cependant 😉 Sans plus tarder, nous filons en direction de notre riad.

Le choc culturel ne se fit pas attendre. Esquiver les ânes, les calèches, les mobylettes ou les piétons qui déboulent de toute part fut une épreuve qui met d’emblée sur les nerfs. Il faut parvenir à se frayer un chemin dans cette masse qui ne répond à aucun code de la route, et se repérer dans ce capharnaüm fait de klaxons intempestifs et d’humains mal élevés.

L'Enfer c'est Marrakech...

Comme à notre habitude, nous n’avions rien prévu. Cette fois, nous avons placé la barre plus haute sur l’échelle du je-m’en-foutisme puisque nous sommes venus sans GPS et n’avons pas corné une seule page d’un Lonely Planet. C’est notre manière fétiche de voyager : se laisser porter par le hasard et lui faire confiance. Comme itinéraire : quelques noms de ville griffonnés sur du papier, et notre cœur pour seul guide. Aucune réservation, juste le plaisir d’explorer les trésors d’une nouvelle contrée, pour les deux pirates que nous sommes. Mais où jeter l’ancre avec si peu de repère ? Très vite, nous constatons une pénurie de panneaux signalétiques.

Riad-Marrakech
C’est à l’orée des Enfers, et plus particulièrement dans les confins du souk de la place Jemaâ El-Fna que se trouve notre riad. Les rues ne porte pas de nom, quant au système de numérotage, il ne connait aucune logique : oubliez les classements par nombre pair ou impair ! Trouver notre adresse s’avère être un véritable jeu de piste.  Inch’Allah nous trouverons notre chemin.

Arnakech

Notre pied-à-terre se trouve dans la ruelle la plus sombre et la moins avenante qu’il soit. Nous trouvons un chiffre tagué sur le mur et remercions l’homme qui s’est gentiment improvisé comme guide. Problème, le gus nous dévisage nerveusement. Voilà qu’il demande cent dirhams pour avoir « travaillé » avec nous. Comprendre : nous avoir suivi, de son plein gré jusqu’au riad. Dommage que la notion d’entraide se soit perdue en chemin… (Et puis, dix balles le quart d’heure… c’est même pas mon salaire horaire). Une technique de racket plutôt chiadée, j’en conviens. Amers, nous lui remettons son dû en lui souhaitant un bon gros cancer.

Riad-Marrakech

Quant au riad, nos prédécesseurs ont laissé un souvenir de leur passage : des poils sur la literie – au cas où quelqu’un en ferait la collection – et des traces de pneu sur les serviettes. Un vrai plaisir. Et aucune chance d’échapper à ce bourbier en changeant nos plans puisque le wifi est aux abonnés absents (et ce, depuis l’aéroport). Il me sera plus aisée de dresser un pigeon ou lancer un signal de fumée pour communiquer avec le monde extérieur. 

Riad-Marrakech
Riad-Marrakech
Riad-Marrakech
Riad-Marrakech

Toutefois, l’extérieur est adorable. Il est regrettable que nos hôtes n’aient pas accordé le même soin dans les pièces à vivre. Du coup, je ne glisserai pas de bouton « Réserver », ce serait cruel de ma part que de vous recommander cet endroit.

À voir

Jemaâ el-Fna

Au centre de la médina, la place Jemaâ el-Fna – qui jouit d’une réputation dithyrambique – m’a laissé pantoise.

Jemaâ el-Fna
Jemaâ el-Fna

Si elle a gardé tout son charme d’antan, Jemaâ el-Fna n’en reste pas moins un piège à touristes. Nous sommes sollicités sans arrêt. Chaque pas est une nouvelle démonstration de harcèlement. Au vue de mes origines asiatiques, on m’interpelle par « Chinese » ou des « Konichiwa » des plus charmant. À ce stade, je suis à deux doigts de leur proposer un octogone sans règle. Malheureusement, l’agressivité et l’intolérance de certains locaux est contagieuse. Nous nous renfermons de plus bel.

Balade dans la médina

Ici, les spectacles ne manquent pas. Les charmeurs de serpents agitent leur reptiles qui semblent plus morts que vifs. D’autres, traîne leur macaque à bout de laisse comme de vieux torchons, bien trop occupés à héler le touriste pour une photo souvenir. Plus loin, les chevaux hennissent sous les coups de fouet pour tirer les flemmards en calèche, un âne se prend une patate de forain dans le museau et moi, je vous invite vivement à poursuivre vos selfies-filtre-chien plutôt que de participer à ces attractions maltraitantes.

Couplé à cela, une atmosphère lourde, polluée, asphyxiante. Pour votre sécurité, armez-vous d’une bonbonne de Ventoline. Il faudra ramper à ras du sol afin d’éviter les gaz d’échappement, la poussière, l’épaisse fumée des barbeuc et les odeurs de la ligne 13. Au sortir du souk, vos poumons seront semblables à ceux d’un fumeur de gitane sans filtre. Pour ma part, j’ai complètement délaissé mes Winston… À quoi bon fumer quand il suffit de s’y promener pour choper un cancer en phase terminale ?

En effet, les mobylettes font légion. Ils vous rasent et tentent de rouler sur vos panards. Et alors que vous pensiez avoir esquivé de justesse les deux roues, une autre arrive à plein gaz.

Si vous n’avez pas le plan de la médina tatoué sur votre dos, hélas, vous terminerez vos jours dans ce cul-de-sac.

Gastronomie

Où manger à Marrakech ?

Nous avons prévu de dîner dans un des stands de la place où s’échappe déjà d’épaisses volutes de fumée. Vous n’êtes pas sans savoir que je garde une place de choix aux adresses authentiques, je suis donc naturellement attirée par ce festin en plein air et mon estomac me convainc presque d’acheter des briouates à la pépites de mouche sur les étals. Cependant, à peine nous pénétrons les lieux qu’une armée de rabatteurs nous agitent leur carte sous le nez. Ils font tous les « meilleures merguez« . Véloces, ils nous encerclent, et NOM D’UNE PIPE, c’est insupportable. Nous prenons la fuite illico Macias.

La Cantine des Gazelles

6 Dabachi Kennaria, Marrakech

Ma note :
4.5/5

Pour déguster un bon plat traditionnel : tajine ou couscous. Je découvre le fameux jus d’avocat, miel et dattes. Un  philtre divin ! Il vaut mieux réserver car les tables sont prises d’assaut dès 20h !

Corner Café

18 Bis Kenaria dabachi, Marrakech

Ma note :
4.5/5

Un kebab – un peu – plus sain que celui d’en bas de chez vous, que vous accompagnerez d’un délicieux « Bora Bora Cocktail ». Une recette saisonnale servie avec une multitude de fruits frais.

Seconde chance

Il s’est écoulé plus d’une semaine depuis les précédents événements. Après avoir roulé à travers le sud marocain, nous voilà de retour à Marrakech pour le meilleur et pour le pire.

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De retour à Marrakech, nous réservons un hôtel de renom où nous étions sûrs de ne pas roupiller sur des coussins rembourrés de poils pubiens. Certes, le niveau de vie est en-deçà du nôtre, néanmoins, il faudra allonger plus d’une cinquantaine d’euros la nuitée pour espérer une chambre sans grand standing, certes, mais ne comportant aucune infraction aux codes de l’hygiène. Auquel cas, vous tomberez souvent sur des logements insalubres.
 
Frileux à l’idée d’affronter de nouveau les Marrakchis dont l’accueil nous avait pas mal refroidi, nous passons notre journée cloîtrés entre les quatre murs de notre chambre, à zieuter timidement par-dessus notre balconnet. Nous détestons jouer les touristes parqués dans leur hôtel mais il fallait bien enterrer l’amertume encore présente.

Nous profitons d’une terrasse quasi privative en cette période de l’année, mais la piscine gelée ne me convainc pas d’y tremper plus que mes gambettes. Le maître d’hôtel souffre d’amnésie puisque qu’il tentera de nous chasser du parking à mainte reprise bien que nous soyons clients. Cependant, pouce en l’air pour l’excellent petit-déjeuner à volonté !

Hotel Palm Menara

Ma note :
3.4/5

Angle Avenue Yacoub El Mansour et Prince Moulay Abdellah

À voir

Le palais de la Bahia

Palais de la Belle, de la Brillante

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Le lendemain nous affrontons enfin la Perle du Sud, en commençant par le Palais de la Bahia, où l’art marocain est sublimé par une architecture orientale d’une grande majesté. Construit à la fin du 19ème siècle par Ba Ahmed, il s’étend sur 8 hectares et compte 150 pièces richement décorées par le vizir qui logeait ses quatre femmes légitimes, ses vingt-quatre concubines et ses enfants. Il ne faut pas hésiter à tordre le cou pour admirer les plafonds de cèdre sculptés à la main, sans oublier le sol carrelé de mosaïques, céramiques et de marbre, jouer avec les reflets des vitraux en verre irakiens… ou simplement s’égarer dans ce dédale à ciel ouvert. Une succession de courettes, de riads et de jardins agrémenté de fontaines rafraîchissantes.
 
Splendeur végétale : les patios sont bordés de romarins, cyprès, jasmins, bananiers, oliviers où il fait bon de s’y attarder. Un bel endroit pour fuir le soleil qui a déjà bien brunit ma peau, à l’ombre des orangers.
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Coup de coeur

Jardin Majorelle

« Ce jardin est une tâche terrible, à laquelle je me donne tout entier. Il me prendra mes dernières années et je tomberai épuisé, sous ses branches après lui avoir donné tout mon amour. » Jacques Majorelle

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Le surlendemain, nous patientons une demi-heure avant l’ouverture des portes de Majorelle. En effet, le jardin est très vite envahit par les touristes (la file d’attente avait eu raison de notre motivation la veille).

En bordure de la palmeraie de Marrakech, le jardin créé par Jacques Majorelle a fini par dépasser la célébrité de ses œuvres peintes.

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Plongée dans le bleu majorelle

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C’est en 1980 que Yves Saint Laurent et Pierre Bergé achètent le jardin Majorelle et le sauvent ainsi d’un terrible projet de complexe hôtelier qui signait sa disparition. Par la suite, les nouveaux propriétaires décident d’habiter la villa de l’artiste, rebaptisée Villa Oasis, et entreprennent d’importants travaux de restauration.

Aujourd’hui, la promenade laisse voir les différentes architectures, dont la villa-atelier du peintre transformée en musée, toutes rehaussées de couleurs vives dominées par le somptueux « bleu Majorelle ». 

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Un chef-d’oeuvre qui s’articule autour d’un bassin central et d’un méandre d’allées irrégulières, entre ombre et lumière, ponctué par cette dominance de bleu qui jaillit à travers la végétation surprenante. Ce bleu outre-mer, cobalt, fort, profond, fait ressortir et chanter les verts des feuillages.

On note d’emblée un contraste apaisant avec la rumeur du dehors : subtil pépiement des rossignols d’Orient, bruissement des feuilles dans la légère brise d’hiver, doux murmure des bassins, chemins d’eau et des fontaines qui en font un havre de paix. Il est évident que de nombreuses espèces d’oiseaux y ont trouvé un véritable éden.

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Shopping au souk

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Derniers achats

Nous dépensons nos derniers dirhams au souk, à la recherches de trésors bien précis : un service à thé que nous trouvons chez un artisan réputé, de l’argan, des dattes, des épices et moult condiments pour concocter son propre whisky berbère… du thé royal 😉

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Notre plus belle acquisition : un superbe masque nord-africain que je parvins à négocier pour une bouchée de pain. Pas peu fière lorsque le vendeur me confie que je marchande comme une berbère. « La gazelle est très dure en affaire ! » De toute évidence, je serais repartie avec quatre cobras, deux singes et un dromadaire si je ne comptais pas seulement sur mon backpack.

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Conclusion

Je suis mitigée par ce séjour à Marrakech. Je pense que l’on ne peut pas tout justifier par la différence culturelle. Le respect, l’honnêteté et la bienveillance sont des fondamentaux qui dépassent ces barrières. J’ai sans doute rencontré les pires humains du pays en l’espace de quelques jours, et c’est ainsi que j’aime me persuader avant de prendre la route vers le sud…

En bref

Hébergement

On dort au Palm Menara, pour ses tarifs abordables et sa localisation idéale qui fait face au Jardin Majorelle

Gastronomie

Tajines, couscous, briouates... et on arrose le tout par un succulent smoothie à l'avocat, ou un thé à la menthe !

Activités

On visite le Palais de la Bahia pour découvrir l'architecture marocaine, le somptueux Jardin Majorelle et son musée berbère

Souvenirs

La liste est longue... on repart avec TOUT le souk sur le dos. L'artisanat marocain est somptueux !

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